38 % des salariés français se disent prêts à changer de métier, mais rares sont ceux qui osent couper court à la sécurité du CDI du jour au lendemain. Pourtant, les passerelles vers une nouvelle carrière se multiplient et bousculent les idées reçues sur l’engagement professionnel.
Peu connu, le dispositif du projet de transition professionnelle permet de quitter un emploi stable sans perdre ses droits, sous certaines conditions. Entre sécurité contractuelle et désir de renouveau, les options existent pour ceux qui souhaitent franchir le pas sans tout abandonner.
Changer de voie en CDI : une envie de plus en plus partagée
Le CDI n’est plus un point d’arrivée définitif. Pour beaucoup, la reconversion professionnelle n’est pas une lubie, mais une volonté mûrie, alimentée par une recherche de sens, l’épuisement face à un métier ou le besoin de se réinventer. Les chiffres de l’AFPA parlent d’eux-mêmes : près d’un actif sur deux envisage de changer de carrière ou de bifurquer. Le vent du changement souffle indifféremment sur le privé et le public, tous secteurs confondus.
Face à ce désir d’évolution, plusieurs solutions permettent de quitter un CDI sans tirer un trait sur ses droits. Le projet de transition professionnelle (PTP) offre la possibilité de suivre une formation longue, sans sacrifier sa rémunération. Le compte personnel de formation (CPF) ouvre la porte à des formations certifiantes, une VAE ou un bilan de compétences. Certains optent pour la démission-reconversion, qui, sous conditions, donne accès à l’allocation chômage pour ceux qui se lancent dans la création ou la reprise d’une entreprise.
Voici les principaux dispositifs à connaître :
- PTP : suivre une formation longue en restant rémunéré
- CPF : financer des formations certifiantes ou des bilans de compétences
- Pro-A : accéder à l’alternance même en étant déjà salarié
- VAE : valoriser son expérience pour obtenir un diplôme
Le salarié en CDI explore aujourd’hui des chemins jadis réservés aux indépendants. Lancer son entreprise, reprendre une activité existante, ou simplement changer de métier, tout cela devient possible. La mobilité interne ou externe progresse, encouragée par des acteurs comme Transitions Pro ou France Travail qui accompagnent ces transitions. Il s’agit de prendre le temps de comparer les options, choisir celle qui correspond à ses ambitions, et dessiner sa propre trajectoire.
Quels freins et questions se poser avant de quitter son CDI ?
Se tourner vers une reconversion professionnelle en quittant un CDI soulève des questions concrètes. Avant toute décision, il s’agit d’évaluer l’impact d’une démission ou d’une rupture conventionnelle. En cas de démission, il faut respecter le préavis et, sauf situation particulière, accepter la suspension de ses droits à l’allocation chômage. À l’inverse, une rupture conventionnelle demande l’accord de l’employeur, mais permet de sécuriser la transition en conservant l’ARE.
Avant d’envisager une rupture de contrat de travail, il est pertinent de s’interroger sur la solidité de son projet, sa faisabilité et le calendrier. Dispose-t-on d’un matelas financier suffisant pour traverser une période de formation ou de recherche d’emploi ? Le projet a-t-il reçu l’avis d’un conseiller en évolution professionnelle ou l’aval de la commission paritaire interprofessionnelle régionale dans le cadre d’une démission-reconversion ?
Changer de voie entraîne des conséquences réelles. Cela affecte le lien à l’employeur, le réseau professionnel et, parfois, l’équilibre de vie. Il faut anticiper le mode de départ, préavis de démission, négociation d’une rupture conventionnelle, démarches à effectuer auprès de France Travail pour préserver ses droits.
Avant de franchir ce cap, examinez attentivement les points suivants :
- Pesez l’incidence sur votre protection sociale et votre retraite
- Identifiez les dispositifs et aides disponibles pour accompagner la transition
- Mesurez la pertinence et la viabilité de votre projet de reconversion
Le cadre légal comporte ses règles, ses garde-fous et ses contreparties. Chaque choix réclame du discernement, un réel travail d’anticipation et une évaluation lucide de la suite à donner.
Panorama des dispositifs pour accompagner votre reconversion professionnelle
Le paysage de la reconversion professionnelle regorge d’outils pour les salariés en CDI. Chacun peut choisir le dispositif adapté à sa situation. Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), l’ancien congé individuel de formation, permet de se former sur une période longue, sans perdre son salaire. La gestion des dossiers est assurée par l’association Transitions Pro, qui évalue la cohérence de chaque demande.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) donne une grande latitude : formations certifiantes, bilans de compétences ou Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Cette dernière option transforme l’expérience professionnelle en diplôme, sans obligatoirement retourner sur les bancs de l’école.
La promotion par alternance (Pro-A) offre une autre alternative : rester salarié tout en suivant une formation en alternance, grâce à la prise en charge des opérateurs de compétences (OPCO). Pour clarifier son projet, le bilan de compétences constitue souvent une étape clé, financée par le CPF ou l’employeur.
D’autres ressources existent pour accompagner ce parcours :
- Les conseils régionaux peuvent accorder des aides financières complémentaires
- L’Agefiph propose des dispositifs spécifiques pour les salariés en situation de handicap
- France Travail soutient les démarches et l’accès à l’allocation chômage selon la démarche retenue
Ce maillage de solutions permet de bâtir un parcours à la carte, du projet de transition professionnelle à la création d’entreprise, en passant par la formation qualifiante. Chaque chemin est unique, mais tous peuvent s’appuyer sur ces dispositifs pour trouver leur voie.
Révéler ses compétences et aspirations : un point de départ essentiel
Se lancer dans une reconversion professionnelle commence par une phase d’introspection. Le bilan de compétences s’impose comme un passage structurant : il aide à recenser ses atouts, déceler des capacités insoupçonnées, faire émerger ses véritables motivations. Généralement pris en charge par le Compte Personnel de Formation (CPF), il offre une parenthèse utile pour dresser le panorama complet de son parcours.
Il ne s’agit pas seulement de faire la liste de ses expériences, mais de comprendre ce qui, au quotidien, enthousiasme ou lasse. Les échanges avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP) sont précieux : ils permettent de formaliser le projet, d’en vérifier la solidité et d’explorer les possibilités de formation ou de passerelles métiers.
Pour bénéficier du dispositif démission-reconversion et prétendre à l’allocation chômage, la reconnaissance officielle du caractère réel et sérieux du projet est obligatoire. Cette validation, délivrée par la commission paritaire interprofessionnelle régionale, s’appuie sur un dossier argumenté, élaboré avec l’aide du CEP. Une condition : avoir exercé cinq ans d’activité salariée continue.
Ce parcours, balisé mais exigeant, invite à sortir de l’automatisme, à interroger ses aspirations profondes. Pour les salariés en CDI, c’est l’opportunité de repenser leur avenir, que ce soit par la formation, la création d’entreprise ou une mobilité vers un nouveau secteur. Changer de vie professionnelle ne se fait pas à la légère, mais chaque pas compte pour façonner la suite de son histoire.


