0,2 point. Voilà parfois tout ce qui sépare une sélection d’un refus dans la course à la médecine. Derrière les portes closes des commissions, chaque dossier se heurte à des seuils mouvants, différents d’une académie à l’autre, parfois même d’un établissement à son voisin. Régularité du parcours ou spécialité de terminale en étendard : chaque université impose sa propre partition.
Les matières ne pèsent pas toutes du même poids sur la balance : ici, la physique-chimie l’emporte sur les maths ; là, la biologie rafle la mise. Les chiffres ne suffisent pas : chaque dossier s’évalue aussi à la lumière du parcours suivi, des choix de spécialités et de la lettre de motivation Parcoursup, passée au crible par les jurys.
Comprendre les attentes des facultés de médecine : quelles notes viser selon les académies ?
Dans les amphis des facultés de médecine, la sélection joue sur des seuils millimétrés. Le taux d’admission varie d’une région à l’autre, mais partout, la barre reste haute : la moyenne visée flirte régulièrement avec les 16/20. Certaines académies, à Paris et Lyon notamment, montent d’un cran, fixant la limite près de 17. Ailleurs, quelques dixièmes séparent encore les candidats retenus de ceux recalés.
Les jurys accordent une attention particulière aux notes obtenues en première et, surtout, en terminale, avec un œil appuyé sur les spécialités scientifiques. Les résultats en physique-chimie, mathématiques et sciences de la vie et de la Terre deviennent décisifs. Une mention « très bien » ouvre clairement la voie : les chances d’admission pour les études de médecine s’en trouvent renforcées. Avec une mention « bien », la porte n’est pas fermée, mais la concurrence se durcit, surtout dans les académies les plus recherchées.
Voici comment les mentions obtenues au bac influencent concrètement vos perspectives :
- Mention très bien : offre un net avantage pour décrocher une place dans les facultés les plus sélectives.
- Mention bien : reste une option viable, à condition d’appuyer le dossier sur des spécialités scientifiques fortes.
- Mention assez bien : peu de chances, sauf parcours atypique ou académie où la sélection s’avère plus souple.
La qualité des notes dans les spécialités de terminale fait la différence. Certaines universités appliquent des coefficients élevés à ces disciplines dans leur système d’admission. La cohérence globale du parcours, la stabilité des résultats sur deux ans, comptent tout autant. Les chiffres parlent : moins de 10 % des admis passent sous la barre des 15/20 de moyenne. En médecine, l’exigence scolaire ne laisse que peu de place à l’aléa.
PASS et LAS : deux parcours, des critères d’admission différents
Pendant longtemps, la première année de médecine rimait avec PACES. Depuis la réforme, deux options s’offrent à ceux qui visent les études de santé : le PASS (parcours accès santé spécifique) et la LAS (licence avec option accès santé). Chaque porte d’entrée répond à une logique différente : il faut choisir sa voie, et son profil.
Le PASS cible les candidats prêts à se consacrer entièrement à la première année de médecine. La grande majorité des places MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie) y sont attribuées. Les attentes sont claires : une moyenne générale bien élevée, des notes scientifiques solides, l’endurance pour tenir le rythme. La sélection passe par Parcoursup, où chaque dossier est disséqué selon des critères scolaires rigoureux. Les élèves ayant suivi des spécialités scientifiques gardent toujours une longueur d’avance.
La LAS propose une alternative : l’étudiant s’engage dans une licence classique (droit, biologie, lettres…) complétée par une option santé. L’accès à la deuxième année MMOPK dépend alors à la fois des résultats dans la licence principale et dans le module santé. Les profils moins scientifiques peuvent tenter leur chance, mais il faut composer avec le numerus apertus : la sélection reste serrée, la réussite tient à l’équilibre entre licence et option santé.
Voici ce que chaque parcours demande concrètement :
- Pour PASS : miser sur un solide dossier scientifique, des résultats réguliers, une motivation sans faille, exposée dans le projet de formation motivé sur Parcoursup.
- Pour LAS : assurer la cohérence entre la licence choisie et l’option santé, sans relâcher la performance dans chaque discipline.
Le choix du parcours engage toute une stratégie : modalités d’accès, gestion du stress, préparation spécifique, tout diffère. Mais un point commun demeure : il faut un dossier sans fausse note et une réelle capacité à s’adapter dès la première année.
Quelles matières et spécialités du lycée pèsent vraiment dans la sélection ?
Quand vient l’heure du tri, les spécialités scientifiques du lycée s’imposent comme passage obligé. Les facultés examinent d’abord les résultats en mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la Terre (SVT). Ces notes structurent le dossier, surtout en terminale.
Les chiffres nationaux confirment la tendance : près de 90 % des admis en première année de médecine ont suivi deux spécialités scientifiques en terminale. Le trio gagnant : physique-chimie, mathématiques et SVT. Les facultés, attentives à la réussite future en PASS ou LAS, privilégient les candidats ayant maintenu des notes élevées dans ces matières, souvent au-dessus de 15/20 pour sortir du lot.
Les spécialités littéraires ou économiques s’invitent rarement dans les profils sélectionnés. Les exceptions existent, mais elles restent limitées pour l’accès aux études de santé. À chaque étape, la stabilité des résultats et la capacité à briller dans les matières scientifiques pèsent lourd.
Voici, point par point, ce que chaque matière révèle :
- Mathématiques : preuve de rigueur et de logique.
- Physique-chimie : socle indispensable pour les connaissances fondamentales exigées en médecine.
- SVT : base pour aborder la biologie et la physiologie humaine.
La compétition se joue donc, très largement, sur les notes de terminale dans ces spécialités, en phase avec les critères des facultés et la réalité de la première année d’études médicales.
Préparer Parcoursup : conseils pour optimiser son dossier et réussir son orientation vers la médecine
Poser les bases de son dossier bien avant de valider Parcoursup : voilà la règle pour maximiser ses chances d’admission en filière médecine. La régularité des notes en première et terminale, notamment dans les disciplines scientifiques, fait la différence. Mais le bulletin ne suffit pas. Les jurys des facultés scrutent chaque parcours dans son ensemble.
Pour renforcer son dossier Parcoursup et viser les études de santé, plusieurs axes sont à travailler :
- Prenez soin de votre projet de formation motivé : une lettre claire, construite, qui s’appuie sur des exemples concrets. Soyez précis sur l’origine de votre projet, les expériences vécues (stages, engagement associatif, passage en milieu hospitalier), votre compréhension des réalités de la première année.
- Mettez en lumière votre engagement : activités extrascolaires, ateliers scientifiques, implication auprès des autres. Les jurys apprécient les profils qui conjuguent réussite scolaire et ouverture aux autres.
- Demandez des recommandations : un mot de professeurs de spécialités scientifiques ou d’un maître de stage peut donner du poids à votre dossier et éclairer votre engagement.
La cohérence du parcours, le choix réfléchi des spécialités, la capacité à défendre son projet sont autant d’éléments scrutés par les commissions Parcoursup. Un dossier solide se construit sur la durée, témoignant d’une vraie préparation et d’un engagement sans faille vers les études médicales.
Reste à franchir la dernière marche : celle où la détermination, la lucidité et le travail acharné finissent par dessiner le vrai visage des futurs étudiants en médecine.


